Istanbul Project 2009


13 février 2009: 2ième forum des jeunes pour l’eau au Parlement Fédéral
12 March 2009, 12:48 pm
Filed under: Français

Le 13 février 2009, 130 jeunes de toute la Belgique se sont rassemblés pour le 2ème Forum de l’Eau au Parlement fédéral. A cette occasion, les participants ont rédigé des recommandations lors d’ateliers thématiques en matinée et débattu de celles-ci en présence d’une délégation de représentants politiques durant la séance plénière de l’après-midi. Les participants ont ainsi interpellé les politiciens belges sur leur position concernant l’eau dans le monde et sur le message qu’ils communiqueront lors du 5ème Forum Mondial de l’Eau qui se déroulera à Istanbul du 16 au 20 mars 2009.

Lors du Forum, le « Youth Water Network » (www.youthwaternetwork.org) a élu parmi les participants 4 élèves qui accompagneront la délégation officielle belge au 5ième Forum Mondial de l’Eau à Istanbul. Ils y seront les porte-paroles du travail réalisé au cours de la journée du 13 février et surtout des propositions votées lors de la séance plénière.

Ce « Forum des Jeunes pour l’eau » a été organisé par GREEN asbl et PROTOS avec le soutien d’ARGUS. Pour plus d’informations, contactez istanbul@greenbelgium.org ou Laurence.lefever@protosh2o.org

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Rubriques :


Deuxième Forum des Jeunes pour l’Eau : le point de vue des organisateurs :

L’initiative d’organiser un Deuxième Forum des Jeunes pour l’Eau est née d’une volonté commune de GREEN et PROTOS de réitérer leur collaboration suite au succès de la première édition, Troubled Waters, en 2007. Et, cette fois encore, Argus, «l’espace environnement» de CBC et Cera, nous a témoigné sa confiance en soutenant financièrement le projet.

Toutefois, cette année, nous avons voulu mettre davantage l’accent sur le dialogue avec la classe politique belge ainsi que sur l’importance d’une préparation préalable à la participation au Forum. Nous avons en effet essayé de stimuler au maximum l’esprit critique des jeunes en les encourageant à réaliser de petites productions sur le thème de « comment l’eau peut-elle rapprocher les gens ? » ou à interviewer des « acteurs de l’eau » ou encore à participer à un jeu de piste en ligne. Nous tenions à ce que les jeunes puissent participer de manière active à la journée de forum, aussi bien dans le cadre des ateliers et de la formulation des recommandations que lors du débat. Ces recommandations devaient traduire une bonne compréhension de la problématique ainsi qu’une prise de position voire un engagement. Le débat devait quant à lui être le lieu d’une discussion constructive entre les participants et les représentants politiques. Missions accomplies ! Les jeunes ont réellement fait preuve de motivation, de dynamisme et d’imagination durant toute la phase de préparation. Pour ne parler que d’eux, des élèves de Molenbeek ont écrit et composé une chanson sur le thème de la « solidarité pour l’eau » ; chanson qu’ils ont jouée en direct à l’ouverture de la séance plénière. Ou encore, des élèves d’Anvers qui ont réalisé une production théâtrale très originale sur l’hygiène et l’assainissement. Mais tous nous ont impressionnés par leur réflexion et leur engagement que nous avons également pu constater au niveau de leur participation aux ateliers où pendant plus de deux heures, ils ont décortiqué, avec un animateur spécialisé, les mécanismes complexes de la problématique pour en approfondir certaines notions et produire des recommandations.

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En guise d’exemples, voici quelques extraits de ces dernières :

« Nous souhaitons que le parlement fédéral adopte une proposition de loi afin que 1% du budget national soit consacré à la prévention des conflits en investissant dans des projets hydrauliques au Sud. » (Atelier financement durable et solidaire »

« Nous plaidons pour l’institutionnalisation d’une « plateforme-EAU » au sein de l’ONU […] qui sera compétente pour la réalisation et le contrôle des projets hydrauliques » (atelier droit à l’eau)

« Nous considérons que l’accès à l’eau potable et l’assainissement est un droit de l’homme fondamental. Nous demandons qu’il soit inclus dans la charte des Droits de l’Homme » (atelier droit à l’eau)

« Nous considérons que le pouvoir doit investir (financièrement et/ou par d’autres moyens) dans des campagnes de conscientisation proposant de manière évidente des alternatives durables que les jeunes peuvent concrétiser par eux-mêmes » (atelier : éducation au développement)

« La Belgique doit agir en matière de coopération au développement en soutenant les autorités locales (au Sud) dans leurs initiatives de développement et en encourageant la gestion durable de l’approvisionnement en eau » (atelier : les exclus de l’eau)

Sur les 9 propositions présentées, 6 ont été votées. Celles-ci vont prochainement être consignées dans un document qui, nous l’espérons, servira de cadre de référence aussi bien aux 4 jeunes qui accompagneront PROTOS et GREEN au 5ième Forum Mondial de l’Eau à Istanbul en mars 2009 qu’à la délégation officielle belge. Car en effet, l’organisation de ce deuxième Forum des Jeunes s’inscrit dans ce contexte international que représente Istanbul. Les thèmes abordés lors de la journée du 13 février ainsi les recommandations votées devaient conduire à une réflexion sur les enjeux d’un tel événement. C’est pourquoi, nous avons tenu à inviter des représentants politiques afin de les interpeller sur les positions qu’ils ont l’intention de défendre en Turquie. Des représentants de cinq partis belges nous ont fait l’honneur de leur présence à la séance plénière: PS, Spa, Groen !, Ecolo et MR (l’Open VLD a été excusé). Ainsi le travail des jeunes a pu être écouté, en espérant qu’il soit également pris en compte… Mais ce travail ne s’arrête pas là ! Comme susmentionné, 4 participants ont été sélectionnés pour être les porte-paroles de la centaine de jeunes présents au parlement fédéral et présenter le document cadre avec les 6 recommandations lors du Youth World Water Forum à Istanbul. Les 4 jeunes se sont également engagés à capitaliser leur expérience en Turquie au travers de la réalisation d’un petit reportage photo et de la rédaction d’un rapport. A leur retour, ils seront reçus par Dirk Vandermaelen (SP-a), très actif dans la Commission Globalisation, et autres représentants politiques afin de rendre compte des conclusions du Youth World Water Forum et d’entretenir le dialogue constructif initié au parlement le 13 février 2009.

De la réflexion à l’action, les jeunes belges s’engagent pour l’eau dans le Sud… !
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Les recommandations :

Les exclus de l’eau :
Nous vous demandons de vous engager dans la mise en place d’un système d’aide structurelle de développement durable au niveau international dans ces pays où le quotidien ressemblerait à une scène d’apocalypse chez nous.

Nous voudrions vous suggérer un projet de loi qui consiste à imposer une contribution financière à nos citoyens belges qui pourront utiliser toute l’eau qu’ils souhaitent mais devront assumer les conséquences en cas de dépassement d’un plafond maximal qui sera déterminé par les pouvoirs publics.

Vos générations ont été marquées par des combats pour les libertés, notre génération, elle, sera celle des responsabilités.

79 pour – 31 contre – 15 sans avis

Pauvreté et famine :
Nous demandons au gouvernement belge de restreindre les importations de produits agricoles provenant de pays souffrant de pénurie d’eau. En particulier l’Union Européenne doit limiter sa dépendance en soja et parallèlement soutenir la production européenne de cultures pouvant remplacer le soja importé (oléo protéagineux).

69 pour – 44 contre – 16 sans avis

Le droit à l’eau :
Nous considérons que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’homme fondamental. Nous demandons qu’il soit inclus dans la charte des droits de l’homme.

On n’a pas le droit de laisser des pays en situation de manque d’eau. Les pays riches doivent aider les pays pauvres : faire de l’aide d’urgence et aider en construisant des infrastructures durables.

On demande que 100% de la population ait accès à l’eau et à l’assainissement et pas seulement 50% comme le prévoient les objectifs du millénaire. Il faudrait que tous les pays les signent.
On propose que la convention de Genève protège les infrastructures d’eau en temps de guerre (ex: Gaza).

L’eau est à la base du développement et le développement est un droit.

Le droit à l’eau implique des responsabilités et pas seulement à travers le prix de l’eau. Ces responsabilités sont : ne pas abuser de l’eau, sensibiliser à la valeur de l’eau, ne pas la polluer.

On demande que l’eau soit gratuite : 30 litres pour et par personne et par jour et ce dans tous les pays.

On demande aussi à l’union Européenne de voter un Règlement qui garantisse l’accès à l’eau et à l’assainissement de l’eau.

On demande en Belgique, aux régions d’interdire de couper l’eau.

Conclusion: il faut éviter que l’eau se raréfie et devienne un luxe, comme le pétrole.

Il faut agir en urgence au niveau du droit mais aussi et surtout de façon concrète pour rendre les droits effectifs.

On aimerait connaitre le suivi de notre travail et on demande une réunion avec les parlementaires dans quelques mois.

75 pour – 30 contre – 24 sans avis

Education au développement :
On veut stimuler l’éducation durable dans l’école à partir du maternel jusqu’à la fin des études par un cours d’éducation durable spéciale. C’est un cours instruit de façon dynamique et participatif. Le financement des profs qui donneraient ces cours parviendra d’une contribution.

48 pour – 68 contre – 15 sans avis

Financement solidaire de l’eau :
La structure institutionnelle de la Belgique empêche l’utilisation de taxes sur l’eau à l’extérieur du territoire des régions, nous proposons de modifier la loi qui interdit l’utilisation des revenus des taxes prélevées par les distributeurs d’eau en dehors de leur territoire, afin de leur permettre de lever une taxe destinée à donner accès à l’eau à des populations qui en sont dépourvues en dehors de la Belgique.

49 pour – 66 contre – 18 sans avis

Les exclus de l’eau, famine et pauvreté :
L’eau est essentielle au développement. Les « exclus de l’eau » ne disposent pas d’un accès à l’eau suffisant en quantité et qualité dans leur environnement direct. Cela a un effet négatif sur leur santé et conditionne fortement leurs possibilités d’accès à l’enseignement ou à une activité économique. Il s’agit d’un cercle vicieux qu’ils ne pourront pas rompre seuls. Ils ont besoin d’aide extérieure, pas seulement en termes financiers mais également en termes de moyens et de connaissances, afin qu’ils puissent agir par eux-mêmes. Les risques que la situation perdure sont rendus réels par le manque de politiques efficaces en matière de gestion des ressources en eau.

La Belgique doit agir d’avantage en matière de coopération au développement en soutenant les autorités locales pour le développement et en encourageant la gestion durable de l’approvisionnement en eau. La sécurité alimentaire peut être assurée en investissant davantage dans l’approvisionnement en eau destinée à l’irrigation.

38 pour – 64 contre – 24 abstentions

Education au développement :
Nous constatons que les personnes sont encore trop peu sollicitées pour adopter un comportement durable. Les jeunes ne sont pas suffisamment informés sur ce qu’il est possible de faire et ne sont pas assez soutenus pour pouvoir le faire. Beaucoup de campagnes de sensibilisation montrent de manière évidente ce que l’on ne peut pas faire mais pas ce que l’on sait faire. Nous constatons également que les jeunes générations actuelles sont prêtes à adopter un comportement plus durable mais les opportunités sont insuffisantes : mêmes les « structures » ne sont pas durables (par ex. la maison, l’école, la commune etc.)

C’est pourquoi nous considérons que le pouvoir doit investir (financièrement ou par d’autres moyens) dans les campagnes de conscientisation présentant de manière évidente des alternatives durables que les jeunes peuvent concrétiser par eux-mêmes. Nous exigeons des actions concrètes avec des résultats visibles, évidents et concrets de sorte que nous restions motivés. Nous voulons avoir le sentiment que nous pouvons faire la différence.

Nous voulons aussi attirer l’attention sur le fait que les principaux décideurs (comme les parents, les directions d’école, les autorités communales, le gouvernement flamand etc.) doivent être sollicités et représenter un exemple pour les jeunes. Ce sont eux qui doivent soutenir les jeunes dans leurs activités durables et être le bon exemple. Par exemple, les jeunes peuvent sensibiliser au gaspillage de l’eau du robinet mais l’école doit également, par exemple, utiliser de l’eau de pluie pour l’évacuation des toilettes.

Le gouvernement doit vraiment investir pour rendre les actions des jeunes possibles, disponibles et réalisables.

95 pour — 11 contre – 22 sans avis

Le droit à l’eau :
Nous plaidons en faveur d’un organisme central pour l’eau au sein de l’ONU avec l’assise financière nécessaire. Cela remplacera tous les organismes individuels et sera compétent pour la réalisation et le contrôle des projets d’eau. Le contrôle du prix sera également une compétence importante de cet organisme. Le droit à l’eau doit devenir urgemment une priorité des agendas politiques, de cette manière tout sera mis en œuvre pour atteindre les objectifs du millénaire. Les gens doivent également être sensibilisés à ce sujet important. La reconnaissance du droit à l’eau dans la Déclaration Universelle des Droits de l’eau est également nécessaire. Par le biais du renforcement des capacités, le savoir-faire des gouvernements doit être renforcé, ainsi l’eau sera plus efficacement répartie au sein de la population et plus efficacement utilisée. L’organisme pour l’eau de l’ONU sera responsable du suivi des projets.

77 pour – 32 contre – 24 sans avis

Financement durable et solidaire :
Modification de l’emploi du budget de la défense.

Le fait que 1800 milliards de dollars dans le monde soient libérés pour la défense et seulement 80 milliards pour la coopération au développement

Le fait que par les effets du changement climatique de plus en plus de frictions et de conflits en rapport avec l’eau vont émerger dans les pays secs et pauvres

Nous souhaitons que le parlement fédéral adopte une proposition de loi afin de contraindre à consacrer 1% du budget dédié à la prévention des conflits en investissant dans des projets hydrauliques dans ces pays.

84 pour – 29 contre – 20 sans avis


Le 5ième Forum mondial de l’Eau – Istanbul :

Introduction

En 100 ans, la consommation d’eau a augmenté deux fois plus vite que la population mondiale. Nous consommons toujours plus sans nous soucier des limites et des conséquences sur l’environnement mais aussi sur nous.

Ainsi, souvent les solutions technologiques sont privilégiées face aux pressions économiques. Il est en effet plus facile de détourner un cours d’eau pour irriguer les champs de coton qui rapporteront beaucoup d’argent plutôt que d’opter pour des comportements favorables à l’environnement (par exemple, choisir d’autres méthodes agricoles, des cultures qui demandent moins d’irrigations, etc.)

De même, aux quatre coins de la terre, de grands barrages sont érigés pour produire de l’électricité et fournir de l’eau pour l’irrigation mais causent des drames sociaux et écologiques énormes. Des projets d’irrigation à grande échelle sont à la base du dessèchement de rivières et de lacs voire de mers comme la mer d’Aral. Le pompage des nappes phréatiques souterraines de façon inconsidéré peut aboutir à l’abaissement de la nappe et au dessèchement de systèmes écologiques vulnérables.

En outre, 0,9 milliard de personnes n’ont toujours pas accès à une eau saine et 2,3 milliards n’ont pas accès à des infrastructures sanitaires de base. Les conséquences en sont énormes puisque 4 millions de personnes meurent chaque année des maladies liées à l’eau, dont 2 millions d’enfants. Un enfant meure toutes les 15 secondes car il n’a pas accès à l’eau ou à l’assainissement ! Or ces deux déficits tirent leurs origines dans des choix institutionnels et politiques et non dans la disponibilité physique de l’eau! Ainsi, beaucoup de gouvernements préfèrent utiliser leur budget pour les dépenses militaires plutôt que pour les services aux citoyens tels que la santé et l’eau.

Face à ce double constat, une prise de conscience de la nécessité d’une gestion durable des ressources en eau naît non seulement au sein de la population mais également dans le monde politique. L’expérience nous apprend, en effet, qu’on ne peut pas “dominer” impunément les systèmes hydrologiques.

Ainsi, le Conseil Mondial de l’Eau fut créé en 1996 en réponse aux soucis grandissants de la communauté pour la problématique mondiale de l’eau. Un des accomplissements majeurs de ce conseil est sa contribution à augmenter la conscientisation et la mobilisation politique autour des questions liées à l’eau grâce aux Forums Mondiaux de l’Eau.

« Bridging Devides for Water / Surmontons les différences pour l’eau »

Le forum Mondial de l’Eau, plus large événement international en lien avec l’eau, est organisé chaque 3 ans conjointement par le Conseil Mondial de L’eau et le gouvernement du pays hôte. Après le Maroc (1997), la Hollande (2000), le Japon (2003) et le Mexique (2006), le cinquième Forum Mondial de l’Eau se déroulera à Istanbul en Mars 2009. Il a pour but d’augmenter la compréhension autour de la problématique mondiale de l’eau et les enjeux y afférents afin de parvenir à des changements globaux.

Le thème de ce cinquième forum « combler les clivages pour l’eau » a été conçu pour atteindre cet objectif. Il souligne, a la fois les carrefours géographiques entre l’Europe, l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique, le nord et le Sud représenté par la ville d’Istanbul, et les barrières entre des us et coutumes modernes et traditionnels liés à l’eau, entre riches et pauvres et entre régions développées et en développement. Il met en exergue le besoin d’une interaction plus grande, d’une communication et d’une harmonisation fonctionnelle des diverses entités impliquées dans ou affectées par la gestion de l’eau. Il envoie également un message à la communauté en disant que l’eau n’est pas une fin en soi mais plutôt un moyen pour notre développement et notre bien-être.

Des milliers d’individus et d’organisations du monde entier prendront part à cet évènement. Grâce à une préparation multi-acteurs, à l’implication politique et à une focalisation sur les résultats, le cinquième Forum Mondial de l’Eau deviendra un point de repère sur la longue route du développement durable !

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